Paroles et musique : Claude Michel. L’agro-alimentaire, une vieille histoire faite de sagas patronales et de luttes ouvrières. Dans la mémoire sociale, les « Penn Sardin  » sont au premier rang. En 1924, à Douarnenez, les patrons refusent d’améliorer les conditions de vie lamentables des sardinières. Les ouvriers et ouvrières de l’usine Carnaud se mettent en grève. En quelques jours, le mouvement s’étend à l’ensemble des usines et cette grève se prolonge quarante-deux jours. Les ouvrières demandaient vingt-cinq sous supplémentaires de l’heure. Elles en obtinrent vingt… et la fierté de leur combat !

Il fait encore nuit, elles sortent et frissonnent,
Le bruit de leurs pas dans la rue résonne.
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Écoutez l’ bruit d’ leurs sabots
Voilà les ouvrières d’usine,
Écoutez l’ bruit d’ leurs sabots
Voilà qu’arrivent les Penn Sardin.

À dix ou douze ans, sont encore gamines
Mais déjà pourtant elles entrent à l’usine.

Du matin au soir nettoient les sardines
Et puis les font frire dans de grandes bassines

Tant qu’y a du poisson, il faut bien s’y faire
Il faut travailler, il n’y a pas d’horaires.

À bout de fatigue, pour n’pas s’endormir
Elles chantent en chœur, il faut bien tenir.

Malgré leur travail, n’ont guère de salaire
Et bien trop souvent vivent dans la misère.

Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.

Ecoutez claquer leurs sabots
Écoutez gronder leur colère,
Ecoutez claquer leurs sabots
C’est la grève des sardinières.

Après six semaines toutes les sardinières
Ont gagné respect et meilleur salaire.

Dans la ville rouge, on est solidaire
Et de leur victoire les femmes sont fières.

À Douarnenez et depuis ce temps
Rien ne sera plus jamais comme avant.

Ecoutez l’ bruit d’ leurs sabots
Ç’en est fini de leur colère,
Ecoutez l’ bruit d’ leurs sabots
C’est la victoire des sardinières.
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