La semaine sanglante

Paroles : Jean-Baptiste Clément (1871) . Du 21 au 28 mai 1871, pendant cette semaine sanglante, les cent mille Versaillais de Monsieur Thiers progressent dans la capitale, et, rue par rue, écrasent les Communards qui résistent depuis deux mois. Le dimanche 28, les dernières barricades tombent à Belleville, cœur du Paris ouvrier. La répression fait au moins trente mille morts, fusillés sans jugement, ce qui constitue le plus grand massacre de l’histoire de Paris. Jean-Baptiste Clément, caché dans Paris, écrit le texte « à chaud ».

Version enregistrée à la fête de la musique 2016 à St-Julien-Molin-Molette (merci Radio d’ici !) :

Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblants,
La mode est aux conseils de guerre
Et les pavés sont tout sanglants.

Refrain :
Oui mais, ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront
Quand tous les pauvres s’y mettront !

On traque on enchaîne, on fusille
Tout ce qu’on ramasse au hasard :
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouge,
Valets de rois et d’empereurs.

Refrain

Demain les gens de la police
Refleuriront sur les trottoirs,
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

Refrain

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusque-s-à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusque-s-à quand la sainte clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la république
De la justice sans travail ?

Refrain